Archive pour la catégorie ‘Articles’

Adieu l’ami

10/04/2010 Petite visite de courtoisie à un démarreur récalcitrant

Le camion de l’association, bien fatigué à cause de sont grand âge, (plus de 300 000 kms – 8 fois le tour de la terre), est aujourd’hui HS. Respectons est donc en quête d’un nouveau véhicule pour continuer ses sauvetages d’animaux.

Il les aimait les kilomètres, qu’il avalait gloutonnement des heures durant, bien calé sur ses six grosses roues qui lissaient à l’infini leur pellicule de gomme cranté sur le noir macadam luisant et longiligne des autoroutes austro-hongroises de Vienne à Budapest, chargé comme un mulet maghrébin – mais probablement mieux considéré par son conducteur – toujours docile, toujours content même dans la fournaise de juillet quand, à l’approche de la frontière serbe, sa grande carcasse bleue cuisait, bloquée par des milliers de véhicules stupides qui l’empêchaient de calmer sa faim de kilomètres jamais satisfaite.

11/04/2010 Sauvetage d’une trentaine de cochons en Normandie

Il attendait, crachotant par ses orifices arrières une fumée cristalline et piaffant d’impatience pour calmer une envie frénétique de s’extirper de ce troupeau docile pour rejoindre par les chemins de traverse l’autre coté là bas qui l’attendait, miroir luisant chauffé à blanc au soleil de midi qu’il allait bientôt, en connaisseur, dévorer avidement.
Mais avant de s’élancer de nouveau, il lui fallait subir une pratique qu’il n’aimait pas du tout : la visite de curieux personnages costumés qui lui tournaient autour, l’inspectant sur toutes les coutures et même parfois – comble de la grossièreté – exploraient ses parties intimes pour déposer sur la chaussée le contenu de ses entrailles qu’ils examinaient minutieusement.
Il n’aimait pas du tout ces familiarités et se retenait de leur montrer à ces malotrus ce qu’il pensait d’eux, en leur écrasant par exemple les orteils de ses grosses roues ou alors en leur crachant au visage un violent jet de fumée noire comme il savait si bien le faire en démarrant sur les chapeaux de roue.
Mais non, il était trop raffiné pour cela et il se contentait de ronger sagement son frein, le museau pointé vers l’asphalte qui étalait devant lui des centaines de kilomètres de courses à venir.

10/10/2010 Sauvetage d’une cinquantaine de chats en région parisienne

Il les aimait particulièrement ceux là, très corsés et toujours surprenants à cause de leur texture très variée : des tout lisses bien droits qu’il dégustait sereinement, puis subitement des tout défoncés et tordus qu’il engouffrait par saccades dans une volée de ruades de ses 4 roues arrières. Il oubliait alors son grand âge et sans se soucier de ses articulations rongées par l’arthrose il fonçait, capot baissé dans un grand ron ron qu’il voulait mélodieux, désirant ainsi faire oublier à ses passagers ses quelques excès d’impétuosité.

Ceux là lui pardonnaient bien volontiers ces quelques coquetteries, d’ailleurs exceptionnelles tant son naturel doux et placide faisait de lui un compagnon fidèle et agréable qui ne faisait jamais défaut. Sauf peut-être depuis quelques temps où il exprimait de légers signes d’agacements qu’il déclinait selon son humeur en divers symptômes : une subite crise de cystite huileuse au printemps dernier suivie de quelques rechutes ou alors en plein milieu d’une nuit glaciale, où réveillé en sursaut par une colonie de chiens perdus, venus s’abriter dans ses flans, il feignit d’être enrhumé et rechigna à démarrer ou bien encore cet été, alors que, dopé par un subit regain de jeunesse, il filait à toute allure, le van accroché à sa croupe sur une autoroute allemande, une vilaine entorse l’obligea à stopper net sur le bas-côté, laissant en rade la vingtaine d’occupants (chiens et humains).

16/07/2010 voyage refuge Oaza en Serbie

J’aurais pourtant du comprendre depuis longtemps que ces sautes d’humeur n’étaient que l’expression discrète d’une demande déguisée de mise à la retraite bien méritée – mais non, aveuglé que j’étais pas tous ces sauvetages d’animaux, je lui en demandais toujours plus, feignant d’oublier son grand âge.

Alors un jour il m’obligea – « objets inanimés avez-vous donc une âme ! » – à ouvrir les yeux : il ne pouvait plus avancer. Il s’arrêta tranquillement sur le bord de la route, en sortie de village, à l’ombre de grands saules, en ayant pris la peine de s’assurer qu’auparavant tous ses passagers – 31 chiens dans ses flans – étaient arrivés à bon port.

Ce fut le dernier geste d’élégance de cet aristocrate qui ce jour là me tira sa révérence.

Patrick

 

 


Patrick parcourt environ 100 000 kms par an, dont près de 30 000 kms avec le camion. Chaque année, il est utilisé pour 2 ou 3 voyages en Serbie, de nombreux co-voiturages en Allemagne pour placer des chiens condamnés en France, d’incessants transports en France d’animaux : chevaux, cochons, chiens, chats, etc, de nourriture (boites, croquettes, foin, etc) et de matériel.

Nous sommes donc à la recherche d’un financement pour l’achat d’un véhicule d’occasion pouvant transporter une charge utile de 1000 à 1400 kg, indispensable pour aider Patrick à poursuivre son combat pour la liberté et les droits des animaux.

Un grand merci d’avance.

Parage des chevaux de trait Tarzan et Fleurette

Séance printanière de « Manucure » pour Fleurette et Tarzan

Sous l’œil attentif et inquiet de leurs nounous, Isabelle et Jean Paul, la séance de manucure commence pour Fleurette et Tarzan . Depuis plusieurs années le rituel bi annuel du parage des « chevaux de l’Yonne » – comme les avaient appelés les journalistes lorsque notre association avait racheté en 2005 les 7 chevaux de trait qui partaient à l’abattoir après avoir été laissés à l’abandon de longues années durant par leur propriétaire – abandon qui avait occasionné de graves problèmes de locomotion notamment de fourbure- est un moment d’intense émotion qui met sous tension tous les acteurs de l’intervention. Pas moins de 7 personnes sont nécessaires au bon déroulement des opérations dont 3 professionnels : un vétérinaire et deux maréchaux ferrants, puisqu’il faut réaliser le parage en un temps record pour minimiser la durée d’anesthésie qui n’est jamais sans risque pour des animaux âgés et fragilisés par un passé sans soins.

Sous les attaques rapides et précises de la tenaille et de la disqueuse, de grands morceaux de corne s’envolent des sabots de Fleurette et Tarzan –ce qui feront plus tard le régal d’Alex qui assiste de loin à la scène.

Luc et Anthony devront pendant ¾ h maintenir un rythme soutenu et harassant pour rendre à Fleurette et Tarzan une forme convenable à leurs sabots sous l’œil vigilant du vétérinaire. Malgré le froid encore vif en cette fin d’hiver tout le monde transpire y compris les deux chevaux qui des le dernier tour de disqueuse achevé se relèvent quasi instantanément, titubant quelques instants à la recherche de leurs nouveaux aplombs pour au bout de quelques minutes se diriger vers le râtelier rempli de foin pour un petit encas réconfortant.

Encore une fois tout s’est bien passé la tension retombe et les sourires reviennent… jusqu’à la prochaine fois : dans 6 mois !

Patrick

Des soins indispensables !

Ce système de parage est exceptionnel et il est la conséquence directe d’une absence totale de manipulation et de soins des chevaux à fortiori de chevaux de trait dont la masse avoisine les 900 kg.

Nous remercions les maréchaux ferrants qui travaillent dans des conditions qui vont à l’encontre de la déontologie de leur profession. Le parage d’un équidé : cheval, poney, âne, mulet requiert la coopération de celui-ci par le fait de donner son pied afin que le maréchal ferrant puisse effectuer les opérations de taille de la corne qui pousse régulièrement.

Il est donc essentiel pour tout propriétaire d’un équidé de connaître les soins liés à sa race et d’autre part de le manipuler avec un licol et de lui prendre régulièrement les pieds afin que les opérations de parage soient effectuées dans les meilleures conditions, au moins 2 fois par an pour un cheval au repos.

Saluons les « nounous » Isabelle et Jean-Paul qui se dévouent tous les jours durant 2 à 3 h auprès de Tarzan et Fleurette pour leur prodiguer tous les soins nécessaires à leurs pathologies. Avec amour et compétence ils veillent sur leur santé, nous les en remercions.

Sans oublier bien évidemment la marraine parisienne de Fleurette qui depuis des années participe fidèlement à son entretien.

Joëlle

Respectons reste mobilisée dans l’affaire du chat brûlé

Rappelez-vous, c’était il y a 4 ans et demi ; deux jeunes effectuaient un stage dans le centre de pisciculture à Lau Balagnas près de Tarbes.

Le centre avait l’habitude de procéder à des piégeages de visons américains, présents dans la région et considérés comme prédateurs des poissons d’élevage.

Un soir du mois de juin 2006, après un apéritif arrosé, les 2 stagiaires choisissent pour s’amuser d’asperger d’essence un chat, malencontreusement piégé par les cages du centre et qu’ils auraient donc dû relâcher, et de le regarder brûler tout en filmant leur acte ; film mis en ligne sur internet.

Les faits nous ont été rapportés par un autre élève qui, choqué par les images de torture, a alerté sa mère qui à son tour a prévenu une adhérente de Respectons quelques mois plus tard .

Après plusieurs semaines de démarche, notre association a retrouvé la trace des deux tortionnaires. L’un, scolarisé dans le Gard a été identifié par son proviseur qui a aussitôt prononcé une mesure d’expulsion à son encontre et l’autre scolarisé dans la région parisienne a été dénoncé par son camarade.

Une fois l’enquête terminée et la précieuse vidéo en notre possession, nous avons déposé une plainte pour acte de cruauté. La Fondation Brigitte Bardot s’est constituée partie civile à nos côtés.

Il a fallu 4 ans à la justice pour que l’un des deux prévenus soit convoqué au TGI de Nîmes pour répondre de ses actes et le jeudi 3 février 2011 il comparaissait au tribunal, qui ce jour là était en pleine effervescence. L’affaire du chat brûlé, largement médiatisée, avait attiré de nombreux journalistes et pas moins de 5 associations. SPA, SNDA, 30 millions d’amis, fondation assistance aux animaux, FBB, qui, représentées par 3 avocats avaient rejoint Respectons en se constituant partie civile. Alain Delon avait choisi de soutenir notre action en adressant au président du tribunal une lettre aux termes de laquelle il le priait avec insistance de prononcer une peine exemplaire à la mesure de l’inqualifiable acte de barbarie, lettre fort émouvante lue en partie par notre avocat, maître Frédérique Ortega se substituant à Emmanuelle Varenne.

La qualité des plaidoiries des 3 avocats était à la hauteur des associations qu’ils représentaient : doctes et poignantes, subtiles et pointues ; leur force de persuasion a maintenu dans un silence religieux 1 heure et demie durant une salle bondée à craquer.

Trois mois d’emprisonnement ont été demandés par le procureur.

Délibéré le 7 avril 2011.

Patrick Sacco

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Du 30 sept au 2 octobre : Respectons sera présent au salon du Festival Coeur de FauneSalle Louis Aragon, Rue Paul Doumer 80350 Mers-les-Bains - Entrée gratuite.

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