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Nouvelle affaire de maltraitance pour Respectons…

43 chevaux victimes de l'ignorance à Girolles dans l'Yonne.

 

Suite au signalement d’un promeneur le 7 janvier dernier, Patrick Sacco et Joëlle Grall se sont rendus sur un terrain de 30 hectares à Girolles, un village de l’Yonne : des chevaux signalés mal en point, et peut-être des morts…

Ils ont trouvé sur place 43 chevaux (poneys, juments, pleines pour certaines, hongres, étalons).

La propriétaire se prétend éleveuse, mais a-t-elle un agrément ? la race et l’origine de ses chevaux est-elle pas connue ? les vend-elle ? qu’en fait-elle ? les chevaux sont-ils identifiés comme le veut la loi ? Sont-il vaccinés, vermifugés ? Reçoivent-ils les soins appropriés ?
Autant de questions qui resteront sans réponse…

 

Voici les premières constations de Joëlle, spécialiste des chevaux et membre active de Respectons :

- Aucune nourriture n’est visible dans le pré, pas de râtelier, pas de pierre à sel à lécher... Seule nourriture : de la paille qui venait d’être déversée à terre et de l’aliment (luzerne déshydratée) donné au seau ce qui occasionne des bagarres entre les chevaux dominants et dominés.
- Certains chevaux sont à peu près en état (une vingtaine) et les autres sont d’une maigreur extrême. Des poulains sont rachitiques les postérieurs se rejoignent au niveau des genoux, leur ventre est gonflé, le poil rêche et hirsute, au toucher on sent tout le squelette (sans leur poil d’hiver on ne verrait que la peau et les os).
- D’autres chevaux (robe appaloosa) sont si maigres qu’ils ont du mal à rester debout et à résister lorsque d’autres les bousculent. On a même du mal à distinguer leur sexe pour les mâles.
- Une jument est en train d’agoniser, se débat dans la boue, est en souffrance évidente même pour des non-spécialistes, et nous lui demandons pourquoi elle n’appelle pas de vétérinaire… Elle prétend une fois de plus que la jument était debout hier et qu’elle mangeait. Je lui ai moi même enlevé de la paille serrée dans ses dents, elle ne pouvait plus déglutir. Le vétérinaire appelé par notre association a décidé de l’euthanasier pour abréger ses souffrances.
- Le temps que nous sommes restés ils mangeaient avec frénésie la paille ce qui est quand même exceptionnel chez le cheval. Sa nourriture première est l’herbe : fraîche ou séchée. Tous les professionnels vous le diront. Cette femme prétend le contraire.

Financièrement la charge pour l’entretien de 43 chevaux est énorme (sans compter d'autres qu’elle possèderait à Rouvray ), sachant qu’il faut 400 kg de foin pour 4 chevaux par semaine à raison de 80 € la tonne. Il lui faut 360 € (minimum) par semaine pour nourrir les 45 chevaux. Les chevaux suivant les saisons doivent être nourris 5 mois environ : soit 20 semaines, 7 200 € environ pour la saison hivernale.

Les soins vétérinaires sont également d’un coût important : vermifuge, visites, médicaments, identification électronique, vaccins… Un rapide calcul montre que l’entretien de base de 43 chevaux dépasse les 10.000 € par an hors identification et frais vétérinaire (maladie blessures accidents etc…)


Le vétérinaire confirme nos dires, en conséquence notre association dépose plainte contre la ou les propriétaires des chevaux pour mauvais traitements à animaux domestiques.

Par ailleurs si des mesures urgentes ne sont pas prises, il est a peu près certain que d’autres cadavres seront visibles dans le pré d’ici quelques jours.


Mesures urgentes demandées :

• visite d’un vétérinaire pour un diagnostic de chaque cheval (un cheval a été soigné pour de la piroplasmose, vraisemblablement d’autres doivent être porteurs et nécessitent des soins)
• vermifuge des chevaux sauf avis contraire du vétérinaire
• foin à volonté distribué dans des râteliers et non par terre
• mesures particulières pour des juments qui sont pleines
• sevrage des poulains de l’année passée, et éventuellement traitement pour le rachitisme (fer)

La plainte a été déposée dès le lundi matin 8 janvier, dénonçant ces faits, à la gendarmerie, avec copie au Procureur de la République d’Auxerre, à la DSV d’Auxerre, et au maire de la commune de Girolles.

 

Le mardi 9 janvier, Respectons a rendu une nouvelle visite aux chevaux de Girolles…
En haut du chemin le cadavre de la jument euthanasiée dimanche soir, sous une bâche, le ventre est déjà très gonflé. Les services de l’équarrissage ont-ils été contactés ?

Le long du chemin qui mène à l’endroit où se trouvent les chevaux, une clôture électrique a été posée autour d’une parcelle récemment défrichée. Dans le but d’offrir aux chevaux un terrain propre, avec sur le plateau encore de l’herbe. L’accès est toutefois escarpé, le terrain accidenté surtout pour des chevaux sous alimenté.

Près des chevaux : 4 personnes, 3 véhicules avec deux petites remorques contenant de la paille.

Les chevaux sont attachés à la haie ou après la clôture.

Ils ont chacun un seau rempli d’environ 3 l d’aliment complet pour chevaux et de luzerne déshydratée.

Les chevaux mangent (les poulains très jeunes avec difficulté)

Les personnes présentes distribuent la paille, en traînant des parties de grosses balles rectangulaires sur une bâche en plastique.

La jument qui est atteinte de la piroplasmose, soignée dimanche soir, est debout et mange.

J’interroge la propriétaire car je ne vois toujours pas de râteliers avec du foin. Elle persiste à prétendre que leurs chevaux sont nourris ainsi avec paille et aliment. Le foin donne de la fourbure ! Je lui dis quand même que le foin en distribution libre permet à des chevaux vivant en plein air de se nourrir à leur gré et de se réguler comme lorsqu’ils mangent l’herbe à la belle saison. Plutôt que d’avoir, après de la famine, un gros apport d’aliment sec. Mais elle reste sur ses idées.

L’identification : elle m’affirme quelques chevaux le sont déjà, et que tous le seront fin 2007.

Je lui demande combien de juments sont pleines : elle m’en montre 4 mais avec peu de certitude, je vois également 3 étalons (1 appaloosa, 1 noir, 1 bai)
Où vont-elles poulinées ? pas ici me répond-elle, nous ne serons plus là.

Je pose la question du transport pour 44 chevaux ?

Réponse : nous nous débrouillons avec Sévérine une amie qui a un camion où l’on peut mettre 14 chevaux, et nous avons un tracteur avec une bétaillère pour chevaux où l’on peut en mettre 7…

Les chevaux ne bougent pas du bord de la clôture, mangeant la paille qui leur est distribuée. Sans avoir bu… après 3 litres d’aliments secs.

Je m’approche d’une jument appaloosa très maigre, un poulain bai (sans doute le sien) n’est pas bien du tout : jetage des naseaux, de la bouche couleur vert. Les oreilles pendantes sur le côté, tête basse, je te tâte : il est squelettique. Il tousse, vraisemblablement fiévreux, je leur signale mais les 2 femmes ne semblent pas inquiètes. J’insiste… Pas de réponse.

En repartant, la propriétaire me dit qu’elle a appelé le vétérinaire (ce qui me surprend car en bas de cet enclos les portables ne passent pas) il est en consultation et viendra après. Quel vétérinaire ? Pas de réponse.

Conclusion de cette deuxième visite :

- Toujours pas de foin à volonté
- Un apport excessif d’aliment sec à des chevaux en état de dénutrition, sûrement infestés de parasites, voire atteints de la piroplasmose.
- Maigreur, gros ventre, abattement pour certains
- La paille remplit les estomacs mais est pauvre en nutriments, de plus, risque de coliques pour les « goinfres ».

Je suis décontenancée par l’absence totale de responsabilisation de ces personnes qui semblent ne pas voir la gravité de l’état des chevaux, et par leur entêtement à ne pas suivre des conseils de base de nourriture et de soins donnés par des spécialistes.

Mesures urgentes demandées :
- un bilan vétérinaire individuel pour chaque cheval
- un tri : juments pleines, suitées, étalons, hongres, poulains 1 an, 2 ans etc..


Vendredi 12 janvier :

Patrick Sacco et Joëlle Grall interviennent à nouveau sur les lieux, accompagnés de France 3 Bourgogne, la gendarmerie, des habitants de Girolles (éleveurs, particuliers), un journaliste de l’Yonne Républicaine, une responsable de la LFPC (ligue française de protection du cheval), le vétérinaire d’Avallon, le directeur de la DSV et l’un de ses adjoints, puis en soirée, le vétérinaire des propriétaires.

Du foin doit être apporter à la demande de la DSV.

Dimanche 14 janvier 2007 , 9h30 : nouveau constat de Joëlle Grall :

En haut, le cadavre de la jument malade.

Deux râteliers ont été installés avec de la paille dedans.

La propriétaire commence le rituel, immuable : licols aux chevaux, attache puis granulés. Certains chevaux mangent, d’autres non. Tous ont toujours l’air aussi abattu.

Depuis le chemin qui longe le pré, je demande à la propriétaire si la jument malade va mieux ?
Elle me répond sèchement : vous regardez bien mal.
Je lui réponds, que je l’avais vu mais je préférais avoir directement des nouvelles.
Elle me répond « quand on fait venir un vétérinaire qui soigne et n’euthanasie pas on voit le résultat ». Je lui demande pourquoi elle ne l’a pas appelé plus tôt, pas de réponse.

Je reste un peu, essayant de faire quelques photos, mais je sens bien que l’atmosphère est très tendue, sans doute à cause de l’article du journal de samedi.

D’un seul coup cette propriétaire monte le ton, et se met à hurler (alors qu’auparavant elle nous disait de ne même pas parler pour ne pas stresser les chevaux qui mangaient…) : « pourquoi vous avez demandé à Mme Nicolle de venir samedi ? (la personne qui est venue installer les râteliers et amener les ballots de foin) ; je lui réponds que le foin a été demandé par le directeur de la DSV, que l’agriculteur demandé était là et qu’il avait besoin d’un tracteur avec une fourche pour décharger le foin. Il ne pouvait attendre la matinée. « On ne le savait pas, on pouvait le faire. De quoi vous vous mêlez ? Et puis je vais porter plainte contre vous vous êtes rentrée dans le pré. »

Arrivée en haut du pré, le ballet des voitures et remorques de paille arrive.

Dimanche je n’ai vu que 2 râteliers et loin de la clôture.

A suivre…

 

 

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