9 morts, 21 survivants… l’horreur est à Marigny l’Eglise !
Il est des hivers rudes où la nature reprend ses droits, et l’homme par sa lâcheté, son indifférence et sa cruauté rajoute aux phénomènes climatiques la monstruosité.
25 février 2005, il gèle très fort dans le Morvan, la neige recouvre déjà le paysage depuis plusieurs semaines. 25 bovins tentent de survivre, nous sommes au 21ème siècle… à Marigny l’église dans la Nièvre.
Patrick contacté par un voisin, et un vétérinaire de Lormes, se rendent sur place et là nous tombons directement dans l’horreur. Place du village : une vache morte, recouverte en partie par la neige, à proximité de la propriété de l’éleveur M. G…, des bovins divaguent, dans le pré : 21 survivants, 4 cadavres, 1 botte de paille.
La maigreur de ces bovins (race charolaise) ne leur permet absolument pas de descendre s’abreuver au bas du pré dans un ruisseau. Une vache a fait son veau la veille, elle est très maigre, elle traîne encore le placenta derrière elle. Plus loin une autre est couchée. Les pattes du veau apparaissent, mais épuisée, affamée, elle n’a pas la force de l’expulser. Voyant 2 personnes près de ces malheureuses, le propriétaire approche et demande (quand même) au vétérinaire de pratiquer une césarienne, dans des conditions très difficiles (sol enneigé, creusé de trous glacés…) et sur un animal déjà très affaibli. Leurs chances de survie sont faibles, surtout qu’ils seront laissés sans soins ni nourriture.
A côtés des « zombies », deux autres cadavres squelettiques, à une centaine de mètres : une vache morte et son veau (à peine identifiable), déjà à demi dévorée par les renards. De l’autre côté du pré, ce que l’on pourrait appeler, une stabulation : épaves de voitures, sacs éventrés, bouts de tôles, fil électrique…matériel agricole… et d’autres bovins pataugeant dans une sorte de marécage.
De la bouche d’un témoin, cette situation perdure depuis une dizaine d’années. M. G… avec qui Patrick discute une1/2 heure ne semble pas ou ne veut pas se rendre compte de l’état de ses animaux, il en rejette la faute sur autrui.
Nous avons donc une fois de plus lancer le processus : dépôt de plainte pour mauvais traitement à animal, contacter la DSV, la gendarmerie, la presse, le Maire. Photos à l’appui.
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Le 27 février, la neige est retombée, 15 cm, il fait – 10 °, Patrick retourne sur les lieux pour abreuver et nourrir les animaux. L’horreur est à son comble. Une autre vache a fait son veau, mais hélas celle qui a subi la césarienne agonise. A son arrivée, le vétérinaire ne pourra que constater sa mort. Cette pauvre bête est restée, après son opération, sous la neige, dans le froid, sans soins, sans nourriture, sans eau.
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Deux coupables : le propriétaire (d’ailleurs conseiller municipal) et le Maire, qui d’ailleurs n’affichent aucun remord. Eux bien au chaud, le ventre plein : « ce n’est qu’une vache » « elle était de toute façon destinée à mourir…à la boucherie ».
Individus innommables, honte pour l’homme, honte pour la profession d’éleveur, honte pour la fonction d’élu, qui par son mutisme à cautionner la souffrance de ces bovins.La DSV, enfin sortie de sa léthargie, vient le lundi 28/2/05, pour dresser un bilan. Comment pouvait-elle ignorer cette situation, elle qui est si pointilleuse dans d’autres domaines et qui sait faire respecter les lois sanitaires à la lettre ; à l’heure où les éleveurs sont tenus à respecter la plus grande rigueur, comment ses bêtes sont-elles passées au travers des différents contrôles ?
Elle ordonne la vente d’une partie du troupeau, et somme le maire de veiller à l’alimentation des rescapés. Ce qui ne pouvait se faire avant est maintenant possible ?
Paradoxe de notre société, la presse locale qui retraçait dans un article éloquent avec photos couleurs, cette monstrueuse affaire, affichait à la une les vedettes charolaises du salon de l’agriculture, issues d’un élevage proche de Marigny,
Entre HONNEUR et HORREUR, il n’y a que 2 lettres à changer !
Pour transformer, la beauté, la santé, l’opulence, en , souffrance, faim, mort.
L’homme est capable du pire comme du meilleur. Force est de constater que nous voyons souvent et malheureusement le pire, quand notre combat est le respect de l’animal. Quand l’homme respectera l’animal, il se respectera et respectera ses congénères.
Le dossier est maintenant dans les méandres de la justice, et si l’on peut encore croire en elle, nous souhaitons que plus jamais cet éleveur indigne ne puisse posséder d’animaux et en faire l’élevage. Quant au maire qui a osé dans un article de presse, lors d’un interview, nier, relativiser cette situation, et trouver des circonstances atténuantes à cet éleveur, j’espère que ses administrés sauront se souvenir de sa lâcheté et de ses mensonges.
Rien, ni personne, ne peut excuser de tels actes de cruauté. Lorsque l’on élève des bovins, on a des devoirs envers eux, les nourrir, les soigner, les abreuver, les abriter ; surtout que le but final est de réaliser du profit. Traitons les dans le respect pendant leur courte vie ; leur mort servant à alimenter notre société de consommation.
Formulons l’espoir que ces vaches ne soient pas mortes pour rien, mais permettront à d’autres de ne pas connaître ce sort.